Dans l’œuvre de l’artiste belge Artur Eranosian la peinture embrasse la photographie. C’est une vraie pollinisation croisée entre deux mondes différents. Eranosian recherche les frontières des deux médias et les associe parfaitement les unes aux autres. Ainsi il développe son propre idiome figuratif.

Il trouve toujours ses objets sur la rue. Un mur, la mer, un arbre ou un clocher : il photographie notre environnement familial d’une manière très graphique et quasi méconnaissable. L’image photographique excède la banalité de son propre contexte journalier.

Eranosian crée une nouvelle réalité dans l’espace blanc autour de la photo. Il applique la gouache avec une telle précision qu’il est pratiquement impossible pour le spectateur de distinguer photo et peinture. Qu’est-ce-qui est vrai, où est l’ajoute ? La confusion qui se crée est typique pour l’œuvre abstrait de ce jeune artiste.

C’est un exercice d’équilibre où l’artiste ressent et interprète la photographie et la peinture d’une façon non-traditionnelle. Par son idiome dans lequel le sujet photographié n’est plus directement lisible, il ne veut pas montrer quelque chose au spectateur, mais surtout faire sentir quelque chose.

Pendant qu’Eranosian était en train de découvrir son propre nouvel idiome, il était suivi par le photographe et documentariste Jimmy Kets. Le documentaire donne un aperçu unique sur la vision de l’artiste, le doute qu’il ressent en cours de route, et la passion avec laquelle il maîtrise au fur et à mesure son propre idiome artistique.